Un busc amovible et une crosse synthétique pour passer partout et sur n’importe quel type d’endroit ; c’est simple mais il fallait y penser. Le tout allié à la solidité de la bascule acier du 525 et vous obtenez un fusil “tout terrain”. Bien vu Browning !
La crosse et le devant
La crosse pistolet et le garde main arborent une livrée noire en matière synthétique. La surface de la crosse n’est pas brillante. La poignée de crosse et le garde main sont pourvus d’inserts massifs en caoutchouc offrant un très bon grip. La calotte de poignée de crosse est sigillé par un gros Buck, le cerf de Virginie emblème de Browning, que l’on retrouve en plus petit de part et d’autre de la longuesse. Si le devant semble massif il n’est pour autant pas disgracieux.
La plaque de couche Inflex II, qui équipe aujourd’hui plusieurs modèles de fusils superposés Browning, est épaisse : 2 cm sur mon modèle d’essai. Sa technologie permet d’orienter les forces de recul vers le bas afin que la crosse effectue le moins possible de mouvements vers le haut lors du tir. À noter que différentes longueurs de plaques de couches sont disponibles en option. Les plaques de couches sont interchangeables à l’aide d’une clé Allen.
Le busc est réglable en hauteur (4 cm hauteur maxi) et en dérive. Il permet donc d’ajuster la pente et l’avantage de la crosse. Il se verrouille et se déverrouille grâce à une vis à tête Allen (la clé est fournie avec l’arme). Il est possible d’enlever totalement le busc et de le remettre facilement grâce à des marquages. Aussi, il est possible (en option) d’équiper la crosse de contrepoids. Il n'y a pas de portant de grenadières sur cette arme, un choix logique vu son profil tir sportif.
La bascule
On ne refera pas ici l’historique de la bascule du B525, qui n’est pas une nouveauté. Toutefois, qu’il nous suffise de dire que c’est une bascule en acier forgé, réputée indestructible comme celle du mythique B 25 dont elle s’inspire. Un verrou plat assez large garantit un verrouillage remarquable et largement éprouvé ainsi qu’une grande longévité à cette bascule. Elle est garantie 10 ans.
La bascule acier garde une finition naturelle. Elle reçoit, en guise de gravures, de petits chevrons, qu’on retrouve aussi sous le pontet avec un Buck doré, seuls éléments décoratifs ostentatoires de cette arme très sobre. On retrouve également la griffe B5 I 25 Browning saillante.
Les départs
Ici aussi c’est modulable. La détente est nommée “Olympic Ajustable”... tout un programme ! En effet, grâce à une petite clé Allen fournit, la position de la queue de détente dorée est modifiable et on peut ajuster au millimètre près. Il y a une infime course avant d'arriver au décrochement de la queue de détente. Rien qui gratte et aucun point dur à signaler lors du départ ; c’est propre et net.
J’ai relevé une moyenne de 1,400 kg pour le poids des départs sur dix tests avec un appareil spécifique Lyman.
Les canons
Il s’agit des fameux canons Back-Bored, popularisés par Browning. Le principe en est simple : le diamètre de l’âme du canon est augmenté, on parle alors de “suralésage”. Ce système est sensé procurer trois atouts au chasseur-tireur : augmentation de la vitesse, meilleur groupement de la gerbe et réduction du recul. Les canons et les chambres sont chromés pour éviter la corrosion et faciliter l’entretien. La bande ventilée de 8 mm de large et terminée par un grain d’orge métallique. Il n’y a pas de guidon intermédiaire. Le canon est pourvu d’une bande intermédiaire ventilée.
L'arme est éprouvée pour le tir des billes d'acier. Ce modèle est chambré en 76 mm ce qui permet donc de tirer des munitions magnum.
Sur le terrain
J’ai pu tester ce fusil de chasse pour une première prise en main en destruction de corvidés et de pigeons. Je signale ici que je n’avais jamais éprouvé l’arme en stand. Mes quatre premiers coups de fusil scellèrent le sort de… quatre corneilles. Tant au niveau de l’équilibre que de la montée à l’épaule, j’ai tiré ce fusil comme s’il avait toujours été le mien. Deux qualités immédiates sont à souligner dans ce contexte : la bonne répartition des masses et la crosse, aisément nettoyable, surtout après une journée dans un labour gras à l’affût. J’appréhendais un peu l’équilibre de cette arme avec sa crosse synthétique mais cette dernière ne m’a pas déconfié sur le terrain et elle ne résonne pas lors du tir. J’ai tiré des cartouches Jocker sans plomb de 32 grammes, les éjections sont excellentes ; le recul partement contenu par le poids de l’arme et la plaque de couche Inflex II des plus confortable.
J’ai ensuite apporté le fusil au stand de tir pour tirer sur des plateaux d'argile avec des munitions en calibre 12 Mary Arm Training 28. Avec ma morphologie je n’ai pas eu à utiliser le busc mais les sensations à la chasse ont été confirmées sur le pas de tir. Le fusil est plus lourd qu’au poste, car tenu à bout de bras plus longuement, mais cela reste supportable. Aussi, ce qui ne m’était pas apparu à la chasse, c’est l’excellente prestation de la queue de détente, aux départs nets : très appréciables dans ce genre d’exercice. Les éjections se succèdent avec force et régularité.
Mon collègue Thibaud (qui fait 2 mètres) a pris le relais. Il a pu utiliser le fusil en se sevrant quant à lui de la modularité du busc. Son réglage, avec une clé Allen fournie, est extrêmement simple et rapide. Une fois le busc bien réglé pour lui, cet amateur de ball-trap n’a pas fait de cadeau aux plateaux !
J’ai beau chercher des défauts, je n’en trouve guères… Néanmoins, si je veux être très tatillon, le réglage du busc, s’il ne demande pas de virilité, n’est pas des plus souple. C’est certainement dû à son système de crans, qui si il à l’avantage de donner la mesure de l’ajustage comme un clic d’une lunette, gratte un peu.